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JOCELYN QUIVRIN-Une vie et une carrière brisées-
  Vite projeté sous les lumières du cinéma (à 13 ans dans "Louis enfant-roi") il est parti aussi vite, comme James Dean au volant d'une voiture de sport, sans avoir encore trouvé le grand premier rôle, mais il était promis à une belle carrière, enchaînant les rôles très divers, belle gueule, sincérité et naturel dans son jeu, dernièrement je l'avais remarqué et apprécié dans des personnages aussi différents que le collègue un peu borderline de Dujardin dans "99 Francs", l'amoureux, style homme idéal, de Sophie Marceau dans "Lol" ou le compositeur qu'on croyait disparu et qui revient perturber la vie de Bénabar dans "Incognito".
Je me souviens de Jocelyn...
Cannes 1993: à 14 ans l'acteur monte pour la première fois les marches du festival de Cannes pour "Louis enfant-roi", 2001: l'acteur nous filme en sortant de la voiture, un collègue photographe amateur lui repositionne son noeud pap, remenber....Tchao l'artiste!




 
Jocelyn Quivrin
Né le 14 Février 1979 à
Parution dans L'Ile aux parents, La Famille Wolberg, Philibert
A L'ORIGINE-Au coeur du mensonge-
François Cluzet et Emmanuelle Devos. Stéphanie Di Giusto
Philippe Miller est un escroc solitaire qui vit sur les routes.
Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées.
L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région.
Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va lui échapper.

Encore un film présenté au dernier Festival de Cannes en compétition qui sort sur nos écrans, je l'avais raté à Cannes, aussi c'est avec beaucoup d'espoir que j'allais voir cette troublante histoire.
Il faut préciser que c'est inspiré d'une histoire réelle qui s'est déroulée dans le Nord de la France il y a une dizaine d'années, oui il faut le préciser tellement çà parait incroyable.
L'histoire de cet homme, escroc, trafiquant pour l'argent, qui d'abord en simple opportuniste va se trouver impliquer dans un mécanisme incroyable, son mensonge et son escroquerie vont être l'axe d'un énorme rouleau compresseur dans lequel sa vie va trouver un autre destin, en construisant une simple autoroute, qui, si elle ne mène à rien, est surtout celle de la solidarité, symbole aussi d'un vrai sens à sa propre existence, même temporairement il se sent capable de changer la vie autour de lui.
Ce que la mise en scène de cette histoire extraordinaire arrive à nous faire ressentir est surtout le fait qu'on est sans cesse dérangé, troublé, comme emporté par ce vertige dans lequel se trouve le "héros" dépassé par les évènements, et on est toujours à la limite du thriller, comme dans un suspense étonnamment et brillamment distillé, alors qu'on en connait malgré tout les limites.
C'est alors plus une fable sur notre société, en pleine comparaison avec la crise actuelle, avec ces ouvriers qui reprennent espoir et voient apparaitre le messie en la personne de ce nouveau patron, et même lorsqu'ils viendront à  douter de sa bonne foi,  ils voudront absolument terminer leur ouvrage comme pour finir de croire à leur rêve."L'important est qu'on vive un truc ensemble" leur dit-il pour les rassurer mais surtout pour y croire lui-même encore.
L'histoire d'un escroc apparemment ordinaire qui va se retrouver imbriqué dans une quête sociale inespérée, interprétée par un des plus grands acteurs de sa génération (comme Vincent Lindon avec lequel il devrait se partager le prochain César du meilleur acteur!), le génial François Cluzet qui trouve ici un de ses meilleurs rôles si ce n'est le meilleur: en interprétant cet homme qui va basculer peu à peu vers une semi-folie, hésitant entre l'argent facile et sa découverte d'un univers social inconnu, cette solidarité forte, considéré comme l'homme providentiel, lui qui n'a jamais tissé de vrai lien social, qui a raté sa vie, et l'acteur est ici épatant de force et de faiblesse mêlées, montrant ses failles, ses doutes, ses angoisses, hésitant, nerveux, asphyxié souvent par son aventure, pris inexorablement dans le vertige de ce tourbillon, souvent à la dérive mais sans cesse revigoré comme guidé par sa mission et son besoin d'amour,  et on on est nous-mêmes sous le choc, partagés entre l'ignominie de cette imposture et l'espoir de cette solidarité renaissante.
Aux côtés de Cluzet on retrouve des seconds rôles tous d'une justesse intimiste incroyable, tous parcourus par ce sens de l'humanité, à l'image de la ravissante Emmanuelle Devos, touchante en maire divorcée, ou des deux très convaincants jeunes,  la douce et lumineuse Stéphanie Sokolinski et Vincent Rottiers, voyou au regard bleu acier.Plus en bonus la participation imposante du grand Gérard Depardieu en véritable ordure.
 L'histoire d'une arnaque presque anodine qui se transforme en aventure humaine inédite, une histoire troublante et envoûtante, si fascinante, si dense et si intense qu'elle ne nous lâche pas et de laquelle on ressort secoué.
"A  l'origine il y a un scarabée" raconte Miller, et à l'arrivée il y a un des meilleurs films français de l'année, tout simplement, un film aussi très accessible, Xavier Giannoli confirmant qu'il est bien un des meilleurs réalisateurs français actuels.

EMMANUELLE DEVOS-FRANCOIS CLUZET-CANNES 2009-Photos persos-

MA NOTE: 16/20

 
A l'origine - ma note pour ce film :
Réalisé par Xavier Giannoli
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, ...
Année de production : 2008
2012-Apocalypse now-

John Cusack. Sony Pictures Releasing France
Les Mayas, l'une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l'ont confirmé, les numérologues l'ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion.
La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps...
Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d'individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...

Et un blockbuster de plus, réalisé par le spécialiste des films-catastrophe bien foutus, moralistes et populaires, Roland Emmerich. Ce dernier n'échappe pas à la règle et comporte vraiment tout ce que les américains savent faire, tant niveau technique que scénario.
Il faut dire que niveau effets spéciaux on atteint ici des summum de technologie et d'efficacité, on a droit à la fois à des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des tsunamis, la totale! et c'est vraiment impressionnant de réalisme, même si on a déjà presque tout vu dans la bande-annonce bien faite en ce sens pour attirer le spectateur, et devrait d'ailleurs augurer d'un grand succès public, surtout auprès des ados.
Alors à part la haute technologie le scénario nous présente des personnages tous très stéréotypés bien sûr, du héros ordinaire (John Cusack un peu fade), divorcé et père de famille,  qui se sort sans encombre des situations les plus périlleuses les unes que les autres, slalomant entre les routes fendues, qui va bien sûr être le super-héros pour sauver les siens,  retrouvant tout l'amour de ses enfants (et son ex!) au jeune scientifique un peu naïf (interprété par la révélation, le charismatique Chiwetel Ejiofor) qui veut sauver tout le monde et qui va "tomber" la fille du président, du milliardaire russe qui profite du pouvoir de l'argent avec cynisme,  au président des Etats-Unis (noir évidemment!)  en héros du peuple, ayant le sens du sacrifice, comme d'hab.
Bref comme d'hab des bons sentiments, de l'idéalisme, du patriotisme exacerbé, heureusement un peu d'humour parfois, à l'image du personnage d'illuminé surjoué avec délice par Woody Harrelson  ou les allusions contemporaines à Schwarzenneger ou autres.
Reste un honnête divertissement bien calibré qui est sauvé par la qualité hallucinante de ses effets spéciaux, sans surprise mais qu'on peut voir sans risque de s'ennuyer.


MA NOTE: 12/20

 
2012 - ma note pour ce film :
Réalisé par Roland Emmerich
Avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, ...
Année de production : 2009
LES HERBES FOLLES-Les ailes du désir-
StudioCanal

 Marguerite n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.

Ce dernier Alain Resnais était rentré de Cannes avec un curieux prix, un Prix exceptionnel du Jury, certains y avaient vu plutôt un hommage, les critiques apparaissaient divisées sur le film et en fait on peut comprendre pourquoi après l'avoir découvert.
Car en effet c'est un film très original, partant pourtant d'un scénario assez mince, adapté d'une nouvelle "L'incident".
Ce film qui débute comme un conte avec la voix-off pleine de malice d'Edouard Baer, est original par son ton, à la fois comédie fantaisiste et presque surréaliste parfois, original par sa mise en scène qui nous perd un peu,  souvent même, à l'image d'un récit qui ne sait jamais où il va, nous donnant presque une sensation de vertige, mais un vertige bienheureux, comme dans un rêve.
Ces deux personnages qui vont forcément devoir se rencontrer, suite à cet "incident", et qui font tout pour s'éviter, malgré la poussée du désir qui rentre en eux comme pousse une herbe folle, insidieusement, nous sont présentés comme des êtres un peu étranges, on sait peu de choses sur eux, surtout sur Georges qui refoule souvent des pulsions meurtrières dont on a pas la clef, à l'humeur variable, pouvant passer en un instant de la douceur à la colère, énigmatique et  sans cesse borderline.Borderline le film ose aussi l'être, et comme des herbes folles des morceaux de scènes inattendus, cocasses, jubilatoires ou curieux poussent et envahissent l'histoire pour mieux encore noyer une quelconque compréhension rationnelle au récit.
Car en effet ce qui fait la force de ce vaudeville c'est sa liberté de ton, la fantaisie jouissive d'un cinéaste encore vert qui nous perd pour mieux nous enflammer.
Saluons également la belle lumière du film, toutes ces scènes admirablement colorées par cette lumière chaude presque automnale, à l'image de la splendide scène de la première apparition de Marguerite, filmée de dos, cette lumière enveloppant magnifiquement la chevelure sauvage, autre herbe folle, de Melle Muir, ou les splendides éclairages des scènes du cinéma où a lieu la rencontre.
Alors évidemment pour interpréter cette fantaisie pleine d'insolence et de folie il fallait deux interprètes au diapason et là Resnais a fait appel évidemment à ses deux complices: André Dussollier est une nouvelle fois superbe, à la fois amusant, intrigant, irrationel, il apporte à la fois sa classe, son charisme et toute sa fantaisie naturelle, pareil pour Sabine Azema dont la chevelure est ici le reflet idéal à sa déraison et son incapacité à planifier correctement son désir.Deux grands acteurs dont la fantaisie se marie à merveille à cet univers.
Parmi les nombreux seconds rôles notons les apparitions réjouissantes de Mathieu Amalric et de Michel Vuillermoz, roulant de gros yeux , épatants en policiers un peu hallucinés.
Malgré une dernière demi-heure un peu plus en demi-teinte, l'ensemble dégage assez de folie et de charme pour nous envoûter (même si on peut comprendre qu'elle puisse en dérouter certains), grâce à une histoire souvent loufoque et absurde mais absolument pas "prise de tête", il suffit de se laisser emporter comme dans un rêve aérien, et avec cette herbe folle qui pousse au milieu d'un cinéma français d'une pauvreté assez affligeante parfois en ce moment, le bonheur est dans le pré!

ANDRE DUSSOLLIER-SABINE AZEMA-CANNES 2009-Photos persos-



MA NOTE: 15/20
 
Les Herbes folles - ma note pour ce film :
Réalisé par Alain Resnais
Avec André Dussollier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos, ...
Année de production : 2008
LE CONCERT-Les virtuoses-
Aleksei Guskov. EuropaCorp Distribution
A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.
Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...

Le sujet de ce scénario est intéressant, un peu dans la veine des "Virtuoses" ou de "Full Monty" mais avec aussi derrière en filigrane une histoire intime qui remonte à la surface, un passé douloureux pour deux des protagonistes.
Au vu de la bande-annonce, on pouvait s'attendre à un curieux mélange de comédie loufoque, picaresque, et de drame un peu mélo, et effectivement à la vision de ce film, le mélange est bien là, malheureusement j'allais presque dire: en effet rarement ce curieux mélange ne semble fonctionner ou plutôt on ne sait sur quel pied danser, malgré de belles scènes , de bonnes idées parfois.
La première partie nous présente cette équipe de "branquignols" qui vont tenter de reformer un orchestre, soi-dit en passant ils n'ont pas répété un concert qui s'annonce comme un évènement quand même!, la chronique de ces joyeux drilles, artistes dans l'âme, tziganes, juifs, russes, est souvent drôle et pittoresque, mais sombre souvent dans une caricature assez grossière qui, si elle est voulue, n'en demeure pas moins parfois redondante.Pourtant des gueules attachantes et épatantes se dégagent de cette bande et le côté populaire et fantaisiste est agréable.
Puis la deuxième partie est plus axée sur le concert proprement dit avec en apothéose 1/2 heure de final sur la symphonie pour violon de Tchaïkovsky, magnifiée par une mise en scène virtuose et un montage superbe, plus mélo et surtout palpitant, rempli alors d'une grâce enfin aboutie, grâce au lyrisme de la musique, à la manière sans pareil qu'a le cinéaste pour filmer tout l'environnement du concert,  et aussi au talent des deux interprètes principaux, surtout le méconnu en France Aleksei Guskov, qui possède l'aura et le regard presque halluciné de l'artiste guidé ici par sa mission de rediriger un orchestre, il est exceptionnel d'intensité, et en mode plus mineur Mélanie Laurent dont le charme est ici malheureusement trop peu exploité et qui n'a que 2-3 bonnes scènes à défendre.
Un film un peu bancal donc qui aurait pu être un grand film mais souffre de son mélange des genres, et la fameuse "ultime harmonie" à laquelle espère accéder Andrei Filipov n'est finalement à l'arrivée qu'une symphonie inachevée, un inabouti et peut-être difficile à réaliser patchwork, un brassage farce-mélo qui ne manque pourtant pas de sincérité, souvent touchant, criant de vérité, mais aussi plein d'invraisemblances et de clichés qu'on a du mal à avaler, porté par des acteurs épatants, promis malgré tout à un succès populaire,  au final un gâteau bien garni, pétri d'humanité et de bons sentiments mais qui déçoit en retombant finalement comme un soufflé qu'on a voulu trop cuire, alors intéressant sûrement mais un peu trop dé-concert-ant!

MELANIE LAURENT-PARIS 2009-Photo perso-



MA NOTE: 13/20



 
Le Concert - ma note pour ce film :
Réalisé par Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov, ...
Année de production : 2008
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